Edito du Président

Le nouveau Conseil Régional a souhaité me reconduire dans le poste de Président pour animer cette équipe composée de 18 élus et 4 permanents pour les années 2017 et 2018.

Vous pouvez compter sur moi pour y mettre toute l’énergie et le désir d’honnêteté intellectuelle qui m’anime. Nous, les représentants de la CRCC de Lyon au Conseil National, sommes parfois critiques vis-à-vis de l’instance nationale car nous sommes très déçus par le mode de fonctionnement de cette institution qui nous semble peu efficace pour défendre les intérêts de la profession. Nous sommes inquiets sur l’avenir de notre profession avec une nouvelle mandature composée de 7 associés de grands cabinets sur 12 membres du bureau de la CNCC. Nous craignons que les cabinets de petites et moyennes tailles ne soient à nouveau pas représentés et défendus.

Par ailleurs, la Chancellerie comme le H3C ont une fausse image de nous et cela s’est clairement matérialisé dans le cadre de la transposition de la réforme européenne de l’audit en droit national. En effet, le législateur français a très largement sur-transposé les directives et règlements et donné un pouvoir particulièrement important à notre régulateur, le H3C, faisant de nous des auxiliaires de justice. Nous allons devoir nous mobiliser pour faire entendre nos convictions et faire comprendre la subtilité de notre profession.

Aussi, je souhaite en ce début d’année vous présenter les trois priorités que nous nous sommes fixées à Lyon pour les 2 années à venir.

 

  • LA LUTTE CONTRE LA CONCENTRATION DU MARCHE

En effet, nous constatons depuis plusieurs années un phénomène de concentration important qui risque de s’accélérer encore avec la mise en application de la réforme européenne de l'audit. Ce phénomène se matérialise par des opérations de croissance externe nombreuses, par une politique commerciale agressive, par une baisse drastique des prix, par l’organisation d’appels d’offres de plus en plus fréquents, par un comportement très peu confraternel de certains et par la prise de pouvoir de quelques cabinets au niveau des principales instances dont l’IASB, l’AMF et malheureusement également la CNCC.

Comment une profession réglementée au service de l’intérêt général peut-elle être majoritairement représentée par quatre acteurs ? Ce n’est pas raisonnable et excessivement dangereux comme cela a été maintes fois souligné par tous les observateurs.

Nous devons impérativement veiller à ce que les Commissaires aux Comptes soient représentés par toutes les formes d’exercice professionnel, et pas uniquement par quelques firmes même si leur notoriété n’est pas critiquable. En effet, il en va de la survie de notre modèle français dont la pertinence n’est plus à prouver. Il faut en conséquence que les instances, le régulateur et le législateur trouvent le moyen de limiter cette concentration et nous devons être force de proposition en la matière.

  • LA DEFENSE DES CONFRERES PAR LES COMPAGNIES REGIONALES

C’est une de nos ambitions pour les deux prochaines années. Nous devons partager avec le Haut conseil la volonté de conserver notre modèle latin centré sur l’intérêt général de notre mission avec les particularités françaises que sont la révélation de faits délictueux et l’alerte. Nous devons permettre au Haut conseil de s’appuyer davantage sur nos Compagnies Régionales qui sont véritablement au service de la profession avec une proximité et une réactivité importante et surtout une véritable indépendance.

 

  • VEILLER AU RESPECT DES REGLES DEONTOLOGIQUES

Le commissaire aux comptes, doit faire preuve d’un comportement irréprochable. Cette vigilance passe par : 

- la gestion du contrôle d’activité
le traitement des conflits entre confrères ou avec les clients,
- la surveillance des pratiques commerciales agressives et des problèmes d’indépendance.

A cet effet, nous créons un groupe de travail sur les appels d’offres. Ce groupe de travail a pour principal objectif de former nos confrères à répondre aux appels d’offres, pratique actuellement réservée à quelques initiés, mais également de trouver le moyen de sanctionner les pratiques suicidaires pouvant exister en matière de tarification ce qui est particulièrement dangereux pour l’ensemble de la profession.

 

  • FAIRE RECONNAITRE LE COMMISSARIAT AUX COMPTES A SA JUSTE VALEUR PAR LES ENTREPRISES, LE MONDE ECONOMIQUE ET JUDICIAIRE

Cette reconnaissance nécessite un travail de fond de la Compagnie Régionale pour développer un véritable partenariat avec le monde des entreprises. A cet effet, nous avons construit une relation de grande qualité avec le MEDEF en intégrant leur COMEX et en développant ensemble de nombreux évènements : Soirée Partenaire, Conférence sur la Cybercriminalité... Nous souhaitons renforcer encore ces liens. Nous avons également proposé à la CPME du Rhône d’intervenir en conférence lors de leurs soirées « adhérents » pour animer des ateliers sur des sujets techniques.

Toutes ces actions nous permettent d’être connues et reconnues par les entreprises qui sont nos clients.

Cette reconnaissance passe également par l’animation de différents groupes de travail. En effet, nous sommes persuadés que la notoriété de notre profession passe par le travail et certainement pas par la seule approche marketing des choses :

Nous travaillons notamment sur les enjeux du numérique pour les commissaires aux comptes avec l’objectif de faire la synthèse des logiciels d’audit du marché, et de proposer aux éditeurs des suggestions d’améliorations. Le deuxième enjeu de ce groupe de travail est de réfléchir à l’audit en milieu ERP, au traitement des données pour l’audit FEC, à l’abandon progressif des sondages au profit de contrôles exhaustifs des données...

Nous déployons aussi beaucoup d’énergie sur l’attractivité de la profession auprès des jeunes, la profession souffre de difficultés à recruter. L’enjeu est de mieux communiquer vis-à-vis des étudiants pour leur donner envie de rejoindre les cabinets et de les fidéliser. Ceci s'illustrera par une grande enquête auprès des étudiants de Lyon 3 et sur un décryptage des attentes et motivations des générations Y et Z (qui parfois nous échappent !).

  • avec les fonds d’investissement pour échanger sur les pratiques en matière d’évaluation d’entreprise et d’audit d’acquisition.
  • avec la Chambre Régionale des Comptes Auvergne, Rhône-Alpes, il convient de réfléchir sur une éventuelle certification des comptes des collectivités. Notre ambition sur ce dernier sujet est très claire : « ne pas se retrouver dans le cas de l’ouverture à la certification des comptes des universités ou des hôpitaux où seule une poignée de cabinets a pu répondre ».
  • avec les avocats, le groupe de travail envisage d’œuvrer sur les sujets du commissariat aux apports et à la fusion et nos contraintes croisées.
  • avec la Banque de France et les établissements bancaires, nous souhaitons œuvrer sur la sécurité financière. L'objectif est de s’assurer de la prise en compte de l’opinion du commissaire aux comptes dans l’obtention des financements bancaires et de créer avec la Banque de France une cotation spécifique sécurité financière pour améliorer la note des entreprises dont les comptes sont certifiés sans réserve par un commissaire aux comptes.
  • avec Middle Next et Lyon Pôle Bourse, nous souhaitons mettre en place un partenariat car la certification des comptes d’entités cotées n’est pas réservée à quelques cabinets parisiens mais à de nombreux confrères lyonnais qui savent proposer une prestation de qualité avec de réelles compétences techniques.

Nous allons poursuivre les petits déjeuners de l’intérêt général pour essayer de faire venir les politiques de notre région et les alerter sur des sujets importants qui nous concernent.

Comme vous le voyez nous avons encore beaucoup de chantiers ouverts et un énorme travail à faire au service de l’ensemble de nos Confrères que nous essayons de défendre le mieux possible.

Bien à vous.

 

 

Olivier ARTHAUD